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Les Derniers moments de Michel
Lepeletier
de Jacques-Louis David |
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Le soir
même du vote de la mort du roi, le 20 janvier 1793, vers 17h00, Michel
Lepeletier de Saint-Fargeau est assassiné par un ancien garde du roi,
dénommé Pâris. A la suite d’une agonie de quelques heures, le
Conventionnel régicide meurt, à trente-trois ans, en prononçant ces
mots: "Je meurs
pour la liberté de mon pays."
![]() Assassinat de Lepeletier de Saint-Fargeau - d'après Desrais Dans la
Capitale où les esprits sont survoltés et écrasés par une culpabilité
collective inconsciente, la stupeur est totale. L’atmosphère est telle
qu’on croit à un complot royaliste visant à restaurer le pouvoir
monarchique. Bien vite cependant, on comprend qu’il s’agit d’un acte
isolé. On se servira alors de l’attentat pour frapper les esprits et il
vient donc à point nommé absoudre la culpabilité des députés régicides.
Licence est donnée à David, grand organisateur des
fêtes révolutionnaires, de faire des funérailles immortelles à
Lepeletier. En outre, la Convention lui décerne les honneurs du
Panthéon. Pour son premier martyr, la Révolution française en
appelle à l’éternité.
David
propose d’élever un monument en marbre à la
mémoire de Lepeletier. En attendant ce projet qui n’aboutira pas, il
est demandé à David de fixer les traits de Lepeletier par une toile qui
sera ensuite gravée aux frais de la République pour être affichée dans
toutes les administrations publiques tandis que la fille du régicide,
Suzanne, est élevée au rang de pupille de la Nation, concept créé
expressément pour elle.
En deux mois, le peintre exécute son œuvre qui est
exposée au dessus du fauteuil du président de l’Assemblée pour être
ensuite placée en pendant de celle du Marat. Après Thermidor, les deux
toiles sont rendues à leur auteur qui les cache en attendant des jours
meilleurs. Il n’y en aura pas.
La
disparition
A la mort
du maître, en 1826, la toile est vendue par contrat devant notaire à la
fille de Lepeletier pour la somme exorbitante de 100 000 F. D’après
certaines versions, il est stipulé que Suzanne de Mortefontaine devra
montrer l’œuvre tous les six mois. Ce n’est certainement pas vrai mais
l’anecdote témoigne bien qu’une iconoclastie est envisageable. Il faut
dire que les enfants de David ont raison de se méfier puisque Suzanne a
déjà racheté le cuivre du graveur Tardieu qu’elle a fait briser et
brûler toutes les gravures afférentes. Une seule des
gravures échappe à l’autodafé, elle est malheureusement mutilée, c’est
celle que possède la Bibliothèque Nationale. L’érostrate moderne n’a
pas eu non plus connaissance du dessin de Devosges, aujourd’hui au
musée de Dijon, représentant le tableau intégralement.
A partir de ces faits naît une légende. Une légende qui s’alimente de rumeurs caractéristiques à toutes les disparitions : on prétend, on aurait vu, des témoins certifient, etc. Ainsi, on a longtemps assuré (le thème est récurrent : Tous les vingt-cinq ans, un historien d’art déclare apporter un élément qui clorait le débat) que le tableau existait encore à la mort de Suzanne en 1829 ou encore qu’il aurait été détruit lors de l’incendie partiel du château de Saint-Fargeau en 1850. Cependant un article dû au talent de Jeannine Baticle semble apporter la preuve définitive que Suzanne Lepeletier a fait brûler le tableau devant plusieurs personnes. A l’appui de son hypothèse, J. Baticle cite une lettre crédible qui relate l’événement survenu peu de temps avant la mort de l’iconoclaste. La "Repeinture" Autour de ce tableau qui est repeint d’après les documents existants aujourd’hui, un groupe de chercheurs de champs différents tentent de réfléchir sur le sens de cette œuvre, le rôle obscur de Michel Lepeletier de Saint-Fargeau afin de contribuer à lui rendre la place légitime qu’il mérite au XXIe siècle.
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